Steve Menzies et Kevin Walters évoquent le record de Lockyer

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350 matchs de NRL : un record qui serait aujourd'hui l'apanage de Steve Menzies, avec ses propres 349 apparitions sous le maillot de Manly, de 1993 à 2008, s'il n'avait pas choisi d'en disputer 57 autres avec Bradford, et déjà 18 avec les Dragons Catalans. Mais plutôt qu'afficher un quelconque regret, "Beaver" préfère dire l'admiration qu'il porte à Darren Lockyer, le jour même où celui-ci entre dans l'histoire de la NRL, sur le terrain des North Queensland Cowboys.
"Il n'y a pas un autre joueur que Darren meilleur que lui, sur une aussi longue période", explique celui qui compte le même nombre de rencontres que Terry Lamb, aujourd'hui âgé de 49 ans, dont la carrière en NRL dura 16 ans (1980-1996).
"Son record est mérité, et il est difficile de dire s'il sera un jour battu, car au talent précoce il faut ajouter la constance dans la performance, et la chance de ne pas se blesser sérieusement", souligne celui qui croisa pour la première fois la route de Lockyer le 17 avril 1998.
"Darren, lui, a été d'une remarquable régularité au plus haut niveau, y compris avec les Kangourous et dans les State of Origin."
Le secret dune pareille longévité ? Steve Menzies sait de quoi il parle : "Mes jambes sont encore bonnes, et mon esprit toujours en éveil, j'aime toujours autant jouer que lorsque j'ai débuté, à 6 ou 7 ans. Il convient simplement d'être sérieux, et personnellement j'aime m'entraîner, j'aime l'environnement autour des Dragons et tout ce qui se passe en dehors du terrain, comme les relations avec les médias. Sans cela vous ne pouvez pas espérer jouer aussi longtemps, en tout cas pas à ce niveau, et je suis persuadé que pour Darren c'est la même chose."
Menzies, qui n'est pas encore fixé sur ce que sera sa vie après le rugby ("j'ai douze mois devant moi pour y penser, mais j'aimerais bien trouver quelque chose en rapport avec Manly, ou avec la NRL"), aimerait d'ici là "être capable de parler correctement le français." Avant d'ajouter, trop modeste : "Mais je ne sais pas si je suis réellement fait pour cela, au moins je continue à prendre des leçons, cela fait partie de mon expérience ici, et le fait que Trent Robinson parle couramment la langue m'est d'un précieux secours."

LE 25 JUIN 1995...

Steve Menzies n'est pas le seul australien passé par Perpignan à avoir bien connu Darren Lockyer. Kevin Walters, actuellement assistant à Melbourne Storm, fut en effet le complice involontaire de l'ascension du jeune prodige. En 1995, à mi-saison, il se blessa à une cheville, et Wayne Bennett lança alors dans le grand bain le gamin de 18 ans et trois mois. Lockyer n'avait pourtant disputé que huit rencontres avec les moins de 19 des Broncos, quand le 25 juin au Parramatta Stadium il fut aligné face aux Eels de Phil Howlett, l'ancien joueur de l'UTC. Ben Walker avait endossé le poste de demi d'ouverture laissé vacant par Kevin Walters, et Lockyer débutait le match sur le banc.
"Je n'étais pas au stade, et la rencontre n'était pas télévisée, mais après le match Chris Johns, Allan Langer et Wayne Bennett m'ont téléphoné pour me dire qu'il avait été excellent lorsqu'il était entré en jeu, en deuxième mi-temps, et j'ai pu ensuite le constater par moi-même lorsque j'ai regardé la vidéo. C'était bon de voir un garçon de son âge évoluer comme s'il avait été à la maison." 

"C'ÉTAIT EXCITANT DE JOUER AVEC LUI"

L'ancien coach des Catalans, qui porta durant 11 saisons (1990-2001) la tunique des Broncos, se souvient qu'il trouvait "excitant de jouer aux côtés de Darren", lequel occupa différents emplois avant de se spécialiser à l'ouverture, en 1997.
"Je pensais plus au bonheur d'avoir découvert pareil phénomène, et de le côtoyer sur le terrain, que la menace qu'il faisait planer sur mon poste habituel", précise Kevin, fair-play.
"Il n'existe pas beaucoup de joueurs capables de quitter l'emploi d'arrière, où il était le meilleur au monde, pour devenir ensuite le numéro un à l'ouverture", glisse-t-il également. "C'est énorme, ce qu'il a réussi."
Walters, 287 matchs de NRL entre 1987 et 2001, est d'autant plus admiratif qu'il a pu constater l'engagement physique du recordman : "Il ne s'est pas contenté de jouer dans un fauteuil, il a au contraire souvent mis son corps dans la ligne de défense adverse."
Comme aujourd'hui encore, à Townsville, face à Dallas Johnson, un autre ex-Catalan, battu 16-34 par Lockyer et les siens...