Fin de la grève sur fond de crise économique en Espagne

Comme leurs collègues espagnols la semaine dernière, les footballeurs professionnels italiens ont décidé de boycotter la première journée de championnat, ce week-end. Pour les mêmes raisons.
Reste qu'en Espagne, il y aura une journée de Liga ! Car après sept réunions, l'association des footballeurs espagnols (AFE) et la Ligue de football professionnel (LFP) ont trouvé ce jeudi matin un accord pour signer la nouvelle charte qui régit les relations entre les joueurs et les clubs.
La deuxième journée de Liga va donc avoir lieu comme prévu, la première, reportée suite à la grève, étant programmée le 22 janvier 2012, à la place de la 20è, qui se jouera le 2 mai.

Mais la question qui vient immédiatement à l’esprit est : Pourquoi une telle grève ? Comment des joueurs qui touchent des salaires aussi élevés peuvent-ils en arriver là ?

La réponse est simple ; on peut vous promettre le salaire le plus intéressant possible, que ce soit en L1 ou en L2, si vous ne l’encaissez jamais, cela ne restera qu’un doux rêve… même si le rêve en question a fait l’objet d’un contrat signé en bonne et due forme par les deux parties (club et joueur).

20% DES JOUEURS PEINENT À TOUCHER LEUR SALAIRE

En effet, on estime que 20 % de l’effectif des joueurs professionnels de L1 et L2 a des problèmes pour encaisser son salaire. La crise est très présente en Espagne, l’argent ne coule plus autant à flots que par le passé, dans les caisses de clubs dirigés par des dirigeants dont le comportement tourne à l’inconscience.

Un exemple : le Rayo Vallecano, club de L2 de la banlieue populaire de Madrid, qui a gagné la saison dernière le droit de jouer en L1, a vu ses joueurs évoluer une année entière sans toucher un seul salaire. Toutes les actions de joueurs pour trouver une solution se sont heurtées à la morgue de leurs dirigeants, et l’effectif pro n’a eu d’autre solution que de s’accrocher aux résultats sur le terrain par respect pour leurs supporters : au bout, une montée à l’échelon supérieur !
Une situation tout simplement incroyable…
Depuis juin 2011, le club a été repris par un nouveau président et les choses sont en train de rentrer dans l’ordre.

Les clubs ont ainsi une dette globale vis à vis de leurs joueurs de 50 millions d’euros, et le syndicat des joueurs veut des garanties de la part de la Ligue Professionnelle (LFP); garantie que cette dernière ne peut accorder.
La LFP proposait un fonds de garantie mais avec des salaires plafonnés à 20 000 euros bruts par mois pour la L1, et à 10 000 euros pour la L2. Les joueurs avaient refusé, entraînant des menaces sérieuses sur la deuxième journée.
Ils exigeaient qu’un des leurs qui n’a pas été payé depuis 3 mois, puisse retrouver sa liberté, sans pénalité, afin de trouver un nouveau club ; et là, c’est la Ligue qui n’était plus d’accord !

LAXISME DES DIRIGEANTS

Comme on le voit, le problème est complexe, il est surtout le reflet du laxisme des dirigeants du foot professionnel espagnol, qui n’ont pas mis en place une DNCG à la Française. Laquelle, certes, ne fait pas de cadeaux et parfois sanctionne de rétrogradation certains clubs, mais permet aux compétitions de se dérouler, pour l’instant, normalement.

Les clubs français sont pénalisés par cette rigueur au niveau européen, mais le football professionnel de l'hexagone est peut être tout simplement sur la seule bonne voie possible : celle du sérieux économique, du « fair play financier » cher à Michel Platini !

Dans tous les cas, il est à prévoir des changements dans les années à venir car les clubs ne pourront plus vivre à crédit et devront enfin se résoudre à offrir des salaires cohérents à leurs joueurs, et en finir avec la démesure que l’on connaît actuellement.